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Définition d’un crédit renouvelable

Lorsque vous avez besoin d’un prêt, ou simplement de trésorerie, vous allez naturellement consulter votre banquier. Selon la nature de vos besoins, ce dernier sera en mesure de vous présenter toute une panoplie de prêts, plus (soi-disant) spécifiques les uns que les autres. Bien sûr, nous mettons ici à part les prêts immobiliers, mais que vous ayez l’envie d’acquérir un véhicule, ou que vous vouliez absolument le dernier I-Phone, il y a un prêt spécial fait pour vous.

Pourtant, à la base, tous les prêts personnels sont les mêmes. Il s’agit de contrats de prêts, plus ou moins affectés à une destination particulière. Qu’on les appelle prêts à la consommation, prêts auto, prêts étudiants ou autres encore, ils sont tous constitués de la même manière et obéissent aux mêmes règles. Tous, sauf un ; le crédit renouvelable

Définition du crédit renouvelable.

Un crédit renouvelable, que l’on appelait encore il y a peu réserve d’argent, revolving ou crédit permanent, est une enveloppe utilisable, dans sa totalité ou partiellement, en fonctions des besoins passagers. Cette enveloppe est reconstituable. C’est-à-dire que pour chacun de vos remboursements, la part de capital remboursée vient s’additionner aux fonds restants sur la réserve d’argent. Ainsi, il est possible d’utiliser et de renouveler cette enveloppe aussi longtemps que les remboursements sont effectifs. Tout le contraire d’un prêt amortissable s2.qwant.comclassique donc, qui s’éteint et disparaît sitôt le dernier centime de capital remboursé.

Le montant de l’enveloppe qui vous sera attribuée est déterminé de la même façon que sont déterminées les enveloppes de prêts en général. Le crédit renouvelable est soumis à conditions de ressources, comme n’importe quel crédit. Ce sont ses modalités d’utilisation et de remboursements qui diffèrent, pas les critères de son attribution.

Comment utiliser un crédit renouvelable ?

Autrefois, le crédit renouvelable ne proposait qu’une seule possibilité d’utilisation, le virement direct de la somme voulue sur votre compte courant. Si cette possibilité existe encore, le crédit renouvelable s’utilise aujourd’hui de plus en plus par un biais différents, plus pratique encore, et plus réactif surtout.

En effet, les établissements bancaires proposent tous d’adosser votre carte de crédit à votre crédit renouvelable. Une option d’extension de votre carte bleue, Visa comme Mastercard, vous permet donc désormais d’acquérir un article, un service ou un bien de consommation en réglant directement à crédit. Ainsi, la somme sera débitée directement sur votre réserve d’argent, et non sur votre compte courant. Cette nouvelle approche de la consommation d’un crédit permet plus de réactivité en cas d’imprévu. Et le choix par défaut d’une carte bleue reste toujours le paiement au comptant.

Il est également possible de rattacher son crédit renouvelable à un compte courant, de façon à ce que chaque dépassement de découvert soit aussitôt comblé par la somme équivalente provenant de la réserve d’argent. Toutefois, et compte tenu des taux pratiqués sur les agios comme sur les crédits renouvelables, il convient vérifier en amont quelle est l’opération qui vous coûtera le moins cher ; usage du découvert ou utilisation systématique du crédit renouvelable.

Enfin, de la même façon que vous avez pu faire virer des sommes du crédit renouvelable vers votre compte chèque, l’opération inverse est possible. Les remboursements anticipés, partiels ou totaux sont acceptés et sans frais.

Durée du crédit renouvelable.

Avant la mise en place du package des lois Lagarde, un crédit renouvelable pouvait durer presque éternellement. En effet, le mode de calcul particulier des intérêts sur ce type de produit bancaire pouvait amener à un remboursement en capital dérisoire, malgré une mensualité assez lourde au regard du budget du foyer. Ainsi, la réserve se renflouant lentement, le coût du crédit ne cessait d’augmenter tout au long de sa vie. Mais cette époque est révolue.

Désormais, tout crédit renouvelable se doit d’être remboursé dans un délai maximum de trois ans en cas d’utilisation inférieure à 3 000 €, et dans un délai de cinq ans, pour toutes les sommes supérieures à 3 000 €.

De plus, ces lignes de crédit sont ouvertes pour une année.1 Ce qui implique qu’elles doivent être reconduites à chaque date anniversaire, comme s’il s’agissait d’un nouveau crédit. De fait, la consultation par le banquier du fichier des incidents bancaires est obligatoire chaque année. Tous les trois ans, le dossier complet doit être remonté. C’est-à-dire que votre conseiller doit vous redemander les pièces justificatives constitutives d’un dossier de prêt.

De surcroît, il existe d’autres conditions spécifiques à l’inactivité du crédit renouvelable. Et ces conditions concernent autant le crédit renouvelable en lui-même que l’option sur la carte bleue associée.

Autre point important concernant la durée, il vous est possible de demander, à tout moment de la vie du crédit renouvelable, la réduction des montants disponibles, la suspension de l’utilisation des fonds disponibles, la résiliation du contrat, ou encore la transformation de votre encours utilisé en prêt amortissable.

Comment souscrire un crédit renouvelable ?

La souscription d’un crédit renouvelable se déroule exactement comme celle d’un crédit classique. Vous faites la demande d’une somme et vous fournissez vos éléments justificatifs de revenus, et de charges courantes. A la lumière de ces éléments, votre conseiller examinera les différentes possibilités et accédera, ou non, à votre requête. Une fois les documents signés, les fonds sont disponibles. Vous les utiliser alors, à votre gré.

Une petite précision toutefois, pour toutes les sommes supérieures à 1 000 €, le conseiller est tenu de vous faire une proposition équivalente en prêt amortissable, notamment si votre besoin est lié à l’achat d’un bien ou d’un service précis, en une seule fois.

Remboursement du crédit renouvelable.

Concernant le remboursement des sommes utilisées, plusieurs possibilités vous sont offertes ;

  • Le remboursement mensuel, selon les échéances calculées par la société de financement ou la banque ;
  • Le remboursement mensuel calculé par vos soins ;
  • Le remboursement anticipé, partiel ou total.

Dans les faits, les établissements bancaires vous soumettent u calendrier de remboursement. Mais ce dernier ne peut tenir compte de tous les paramètres. Imaginons que vous ayez utilisé la moitié de la somme disponible, le montant de l’échéance est calculé selon la durée maximale à ne pas dépasser. Rien ne vous empêche d’accélérer ce remboursement, soit en augmentant le montant des mensualités, soit en effectuant un remboursement anticipé.

Mais rien ne vous interdit non plus, alors même que vous remboursez mensuellement votre réserve d’argent, d’en utiliser l’autre moitié, ou juste une partie du résiduel. Ceci impliquera donc un nouveau calcul du montant de l’échéance.

Coût du crédit renouvelable.

Ce n’est pas une surprise, un crédit renouvelable coûte souvent plus cher qu’un crédit amortissable. En fait, le seul moyen, de faire baisser le coût est de reconstituer la réserve au plus vite. Ceci est du au mode de calcul effectué sur les crédits renouvelables, ainsi qu’au taux, révisables et très élevés.

Par exemple, prenons un réserve d’argent de 4 000 €, dont seulement 1 250 € sont utilisés. Nous sommes ici dans le cas (inférieur à 3 000 €) où le montant utilisé doit être remboursé en trois ans maximum. Selon votre mensualité, votre durée de remboursement sera lus ou moins longue. Donc, si vous optez pour une mensualité réduite à son maximum, mais permettant malgré tout de satisfaire aux exigences de la loi Lagarde, ça donnera ceci :

52 € de mensualité pour un coût total de près de 600 €. Soit tous les mois, un remboursement de capital légèrement supérieur à 34 €, pour 18 € d’intérêts et d’assurances. Ou, autrement dit, un coût en intérêts équivalent à presque 50 % de la somme utilisée !

D’un autre côté, si votre capacité de remboursement est plus élevée, et que vous doublez la somme remboursée chaque mois, vous obtiendrez approximativement ce schéma :

104 € de mensualité pour un coût total de 230 €, remboursés en 15 mois. Et un coût total en intérêts qui retombe à moins de 20 % de la somme utilisée. Chaque mois, vous verserez 84 € de capital, et 20 € d’intérêts et d’assurances.

Comme vous le constatez, le montant des intérêts et de l’assurance restent quasiment fixes, quelque soit le montant de l’échéance brute. Donc, plus vos échéances sont élevées, et moins cela vous coûte. Dans un prêt amortissable, le montant d’intérêts est calculé sur la capital restant du. Il baisse donc à chaque mensualité. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser un crédit amortissable à un crédit renouvelable en cas de capacités de remboursement limitées. Sans quoi la maxime énoncée par Coluche prend tout son sens : « Moins tu peux payer, plus tu payes !»

Dans le passé, avant les lois Lagarde, la durée de remboursement des crédits renouvelables n’était pas limitée. Tout ce qui était demandé, était un amortissement du capital à chaque échéance, même très faible. Ainsi, et si nous reprenons notre exemple ci-dessus, pour 18 € d’intérêts et d’assurances, il était tout à fait possible de ne rembourser que 19 € bruts tous les mois, ce quoi permettait d’amortir 1 € tous les mois. Nous vous laissons calculer le temps qu’il aurait fallu pour rembourser 1 250 €…

Il est donc fort heureux que ces lois soient venues renforcer la protection des clients et usagers des crédits renouvelables.

Sachez, en outre, que les cotisations de cartes bleues associés aux crédits renouvelables, ne sont pas intégrées dans le coût du prêt. Pas plus que le coût des assurances facultatives.

Au final, si un crédit renouvelable peut s’avérer très utile dans la gestion au quotidien, notamment en cas d’imprévus, il est primordial de faire très attention à votre capacité de remboursement avant même de souscrire. Ces prêts sont très pratiques et très souples, ais peuvent s’avérer être très onéreux.